Notice à imprimer

Concevoir un QCM inclusif

Un QCM inclusif mesure ce que l'élève/étudiant sait vraiment — pas sa vitesse de lecture, ni sa chance de deviner. Cette notice donne les repères pour qu'il soit juste pour tous les élèves/étudiants. Gardez-la sous les yeux quand vous créez vos questions.

Les mots du QCM

L'amorce

La question, ce qu'on demande à l'élève/étudiant.

Les propositions

Les réponses au choix (au moins trois).

La bonne réponse

La proposition juste (en général, une seule).

Le distracteur (le « piège »)

Une réponse fausse, mais qui ressemble à une vraie erreur d'élève/étudiant.

Un exemple

Amorce : « La planète qui a le plus de satellites est… » — propositions : Mars · Saturne · Vénus · Mercure. Ici Saturne est la bonne réponse ; les trois autres sont des pièges crédibles.

Quand utiliser un QCM ?

Oui, c'est un bon choix pour…

  • vérifier des connaissances (se souvenir, comprendre) ;
  • savoir si une règle est bien appliquée ;
  • repérer vite ce qui n'est pas compris par la classe.

Non, évitez le QCM pour…

  • faire écrire, raconter ou créer ;
  • évaluer plusieurs choses en même temps ;
  • noter une idée personnelle ou un avis.

Règle 1 — Ne donne pas d'indices

Un élève/étudiant malin ne doit pas trouver la bonne réponse sans connaître la leçon.

  • Toutes les réponses se ressemblent : même longueur, même ton, même niveau de langue.
    La bonne réponse est la plus longue, la plus précise ou la mieux écrite : on la repère sans savoir.
  • Chaque mauvaise réponse (le « piège ») est crédible : c’est une vraie erreur que des élèves/étudiants font.
    Un piège est absurde ou rigolo : personne ne le choisit, il ne sert à rien.
  • Aucun mot de la question ne se retrouve dans la bonne réponse.
    Un mot de la question est répété dans la bonne réponse : il attire l’œil.
  • Les réponses sont nuancées et calmes.
    Des mots comme « toujours, jamais, tout, rien » : les élèves/étudiants devinent que c’est faux.
  • Chaque réponse est indépendante des autres.
    « Toutes les réponses ci-dessus », « a et b » : on devine la bonne en additionnant.
  • La phrase reste correcte avec chaque réponse (accords, « le / la »).
    Une seule réponse « sonne juste » dans la phrase : la grammaire trahit la solution.

Règle 2 — Rends la question lisible par tous

La difficulté doit venir de la leçon, jamais du fait de comprendre la question.

  • Une seule question à la fois, claire.
    Deux questions cachées dans une seule.
  • Des phrases courtes et des mots connus des élèves/étudiants.
    Des phrases longues, des mots compliqués ou à double sens.
  • Si une négation est obligatoire, on la souligne (ne… pas, sauf).
    Des phrases négatives, surtout deux négations dans la même phrase.
  • L’information à lire (texte, schéma) est séparée de la question.
    L’information et la question sont mélangées dans le même bloc.
  • Une consigne avec un verbe d’action clair : entoure, choisis, coche (en gras, pas en capitales).
    Pas de consigne, ou une consigne floue.
  • Une réponse par ligne, bien aérée.
    Toutes les réponses collées les unes aux autres.

Penser aux élèves/étudiants qui ont des besoins particuliers

Élèves qui lisent lentement, élèves/étudiants allophones, élèves/étudiants avec un trouble (dys, TSA, attention…) : ces repères les aident, et aident toute la classe.

  • Allège l’écrit : moins de texte, plus de visuel (un dessin, une photo, un schéma).
  • Une seule chose à vérifier par question (un seul objectif).
  • Donne des repères : numérote les questions, garde toujours la même présentation.
  • Rassure : commence par une question facile (une « mise en chauffe »).
  • Laisse le temps : un QCM inclusif n’est pas une course de lecture.

Communiquer les conditions de passation

Annoncer clairement et par écrit les règles du jeu réduit l'anxiété et met chaque élève/étudiant à égalité, y compris celles et ceux qui n'ont pas accès aux consignes orales.

  • Évite les changements : si le retour en arrière est impossible le jour de l’examen, l’annoncer dès les entraînements.
  • Signale tout changement de paramétrage du QCM : information pérenne sur l’ENT / Moodle (utile aux élèves/étudiants dispensés d’assiduité) ET en introduction du test.
  • Rappelle dans la consigne générale les objectifs pédagogiques du cours évalués.
  • Précise les modalités de notation (par exemple : annoncer s’il y a des points négatifs).
  • Évite les points négatifs, source d’anxiété (ils renforcent les biais de genre).
  • Indique le nombre de réponses attendues à la fin de chaque question.
  • Indique la navigation : retour en arrière possible ou non.
  • Communique le mode d’emploi par écrit (pas seulement à l’oral) et mets-le à disposition sur l’ENT / Moodle.

Comment formuler les questions

La difficulté doit porter sur la connaissance évaluée, jamais sur le décodage de la question.

  • Utilise un lexique connu, vu en cours (évite les termes disciplinaires nouveaux).
  • Emploie des termes compréhensibles par toutes et tous.
  • Évite les termes imprécis.
  • Utilise des verbes de consigne explicites.
  • Développe les sigles et les acronymes.
  • Adopte une syntaxe simplifiée.

Checklist : avant de distribuer

Cochez chaque case. Si une case reste vide, corrigez avant d'imprimer.

Passez à la pratique

L'outil QCM applique ces repères pour vous : il crée ou relit vos questions et signale les indices à corriger.

Ouvrir l'outil QCM